22 July pourrait presque passer pour un scénario nihiliste poussé à l’extrême, un film d’anarchiste radical à la Rampage. Sauf que non, tout ce qui est montré ici est bien réel. Et c’est précisément ce qui rend le film aussi difficile à encaisser.
Paul Greengrass livre une reconstitution extrêmement détaillée, clinique, et absolument horrible. La mise en scène est immersive, sèche, sans fioritures, et nous plonge directement dans l’horreur des événements. On subit le chaos, la panique, la violence absolue.
Le portrait de Breivik est glaçant. L’acteur l’incarne avec une froideur et une retenue terrifiantes, sans jamais chercher à le rendre spectaculaire. Le film montre surtout le vide, la logique déviante et l’inhumanité derrière l’idéologie, ce qui le rend encore plus effrayant.
Au-delà du choc, le film met en lumière les dérives extrêmes auxquelles peuvent mener les mouvements réactionnaires d’extrême droite, sans discours appuyé mais avec une évidence implacable. Greengrass s’inscrit ici dans la continuité de son cinéma engagé, en choisissant une fois de plus de porter à l’écran un attentat tragique, non pour le sensationaliser, mais pour en exposer la violence et les conséquences.