Ce film m’a marqué par sa façon de transformer un fait divers en quelque chose de plus profond qu’un simple polar. On suit deux enquêteurs de la PJ, minés par l’affaire d’une jeune femme brûlée vive, et très vite, on comprend que l’histoire ne parle pas seulement de trouver un coupable. Moll filme la lente usure des hommes face à la violence ordinaire faite aux femmes, la frustration des pistes qui s’éteignent, et ce sentiment d’impuissance qui colle à la peau.
J’ai aimé la sobriété de la mise en scène : pas de musique omniprésente, pas de surenchère dramatique, juste des silences, des visages, et une tension qui s’installe presque malgré nous. Bastien Bouillon et Bouli Lanners portent le film avec une justesse qui rend l’enquête crédible et humaine. On en sort plus pensif que satisfait, avec la sensation d’avoir vu un thriller qui laisse une trace, parce qu’il ose montrer que la vérité n’arrive pas toujours, et que c’est là que se cache la vraie noirceur.