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Hiver, Printemps, Été ou Automne

Audrey

Audrey rated 5/10

« -C’est une carte étudiante. -En effet. C’est parce que je couvre le journal The Crimson -Stacey Landergraff couvre le journal The Crimson. -Non. Elle a été renvoyée, en fait. Oui, plagiat. -Plagiat de critique de concerts ? -Oui, une erreur terrible. » Je ne suis pas particulièrement adepte des comédies romantiques, ce qui rend difficile la tâche de situer Winter Spring Summer or Fall dans ce genre très codifié. Mais j’en ai quand même des notions. L’histoire suit Remi, élève brillante et ambitieuse, et Barnes, garçon plus relaché, à travers une année ponctuée de quatre rencontres décisives. Leur relation se déploie au fil des saisons, avec ses hésitations, ses maladresses et ses fulgurances, capturant les premiers émois amoureux. Cependant, le film s’appuie lourdement sur des clichés du genre : la rencontre fortuite, le bal de promo, le restaurant secret, le conflit parental, la séparation pour différent d’avenir, et bien sûr la réconciliation sous une fenêtre supplément groupe en live. Quant à l’élément déclencheur du conflit, il frôle le ridicule : trois margaritas suffisent à faire vaciller Remi, tandis que Barnes adopte une posture paternaliste en l’incitant à se calmer – une tension assez artificielle, surtout qu’on rappelle que lui consomme du chanvre sans problème. De plus, si le film essaye d’embrasser les grands thèmes de l’adolescence — amour, identité, peur du futur — il ne fait finalement que les effleurer. Tout reste en surface, comme si le récit avait peur de perdre son public en s’aventurant dans une réflexion plus profonde. Ce choix rend l’ensemble plaisant mais un peu creux, comme un album de souvenirs soigneusement mis en scène. Le découpage de la narration par saisons aurait pu offrir une vraie mise en scène. Or, après un premier acte joliment teinté d’hiver, l’idée se dilue : les saisons ne se manifestent plus que par les vêtements des personnages, ce qui amoindrit le potentiel poétique du procédé. Le véritable intérêt du film repose sur ses deux têtes d’affiche. Percy Hynes White, avant qu’il ne soit persona in grata, et Jenna Ortega, déjà complices depuis le tournage de Mercredi, dégagent une alchimie sincère. Leurs dialogues sonnent justes, comme de vraies conversations adolescentes, naturelles et légères. Jenna Ortega, surtout, tire son épingle du jeu. Elle nous présente ici une nouvelle palette de son talent, loin de ses rôles gothiques ou de ses apparitions dans des films d’horreur qui ont fait sa notoriété. Elle apporte une fraîcheur et une énergie qui rendent Remi immédiatement attachante, même si le personnage est écrit assez superficiellement, et démontre qu’elle est une grande actrice en devenir. Reste à choisir les rôles qui sauront mettre pleinement en valeur cette polyvalence. Au final, je n’ai pas compris le « ou » dans le titre. Ça devrait plutôt être : Hiver, Printemps, Été, Automne. Ou alors , c’est juste pour savoir la saison où ils vont se mettre ensemble. Mais dans ce cas, ça manque d’un point d’interrogation.

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