
Massacre à la tronçonneuse
1974
•
Horror
•
1h23
Audrey plans to do
« Regarde ce qu’il a fait à la porte. Pas de respect à sa maison » Un groupe d’amis s’arrêtent au mauvais endroit. Sale histoire au Texas… « Le film que vous allez voir relate la tragédie que vécut un groupe de cinq jeunes gens, en particulier Sally Hardesty et son frère invalide Franklin. (…) Pour eux, une balade par un après-midi d'été idyllique devint un cauchemar. Les événements de cette journée devaient mener à la découverte de l'un des crimes les plus bizarres des annales de l'histoire américaine, The Texas Chainsaw Massacre. » Le film de Tobe Hooper s’ouvre sur une affirmation qui présente le calvaire de Sally Hardesty et de ses amis comme une histoire vraie. Cette technique, qui deviendra par la suite une convention du genre, vise à renforcer l’horreur. En vérité, Leatherface s’inspire du tueur Ed Gein, « le boucher du Wisconsin », profanateur de tombes arrêté en 1957. Ce criminel, qui décorait sa maison avec les restes de ses victimes, inspira également Psychose (Hitchcock) et Le Silence des agneaux (Jonathan Demme) Réalisé pour seulement 140 000 dollars, le film surprend par la maîtrise de sa mise en scène réalisant un miracle de tension. Tourné dans la région d’Austin, avec un rail de travelling de quinze mètres et une lumière essentiellement naturelle, Massacre à la tronçonneuse parvient à créer une atmosphère suffocante. On ressent presque physiquement la chaleur écrasante, qui nourrit la folie des personnages et l’épuisement palpable des acteurs. La date de sortie aux Etats-Unis (en octobre 1974, pour être plus précis) a été suivie de près par celle qui nous intéresse plus particulièrement, à savoir la française. Celle-ci a été tout de suite avortée par une censure de l’époque avec pour justification que le film "atteignait à la dignité humaine par son trop grand réalisme." Pourtant, sa renommée est en grande partie due à un malentendu autour de son titre. En effet, certains étaient persuadés (et le sont peut-être encore) de voir un film gore. Or, il n’en est rien. Aucune scène n’est à proprement parler gore, tout est suggéré. Et surtout, même s’il est d’une violence assez incroyable, il n’est pourtant pas dénué d’humour. Un humour très noir, certes, mais qu’il ne faudrait pas oublier. Massacre à la tronçonneuse a été travaillé en profondeur sur le plan sonore. Il est impossible de passer outre cet élément fondamental. Jamais un film d'horreur n'avait bénéficié d'un tel soin dans ce domaine. C'est une véritable révolution car le suspense ne découle pas (plus) uniquement de situations tragiques mais avant tout de la façon dont le son les amplifient pour les rendre traumatisantes. A ce titre, la seule chose qui permette à Sally de se raccrocher à la réalité est la découverte par la radio des atrocités qu'elle est elle-même en train de subir. Elle est témoin sans jamais pouvoir anticiper tout à fait ce qui est en train de se passer. La musique étant quasi absente du film et remplacée par une ambiance trouble et inquiétante, pas loin de la sensation de stress. Si l'on entend au tout début du film une voix-off (très peu rassurante), la majeure partie de l’action se fait par la progression dans l’espace et non pas par des dialogues (un tel avance et va voir ce qui se passe, quand les autres attendent et parlent entre eux). Les situations sont certes quelque peu « cliché », mais elles sont marquées par une foi absolue dans la capacité à rendre chaque déplacement virtuellement mortel (on ne sera pas surpris qu’au bout de très peu de temps la plupart des personnages soient décimés). C’est bel et bien leur curiosité qui fait avancer l’intrigue. Outre ses qualités évidentes de mise en scène, Massacre à la tronçonneuse regorge aussi de scènes marquantes qu’on pourrait décortiquer une par une notamment en raison de leur effet de terreur. La première apparition de Leatherface bien entendu, entrouvrant la porte avant d’asséner un coup de marteau fatal (la seule scène où apparaît de manière ostentatoire du sang). La scène serait banale s’il n’y avait pas l’apport d’une bande-son terrorisante qui immortalise cette première apparition. Il faut souligner la crédibilité du jeu des acteurs. Il fallait un tueur aussi charismatique pour que l’histoire ne tourne pas au ridicule. A partir du moment où le méchant fait peur et provoque une sensation de dégoût, le film décolle pour ne plus jamais faire marche arrière, d’où cette formidable adhésion à l’histoire et aux péripéties. L’une des autres scènes marquantes est la poursuite de Sally dans les bois, seule et poursuivie. Une longue course poursuite sublime, dans laquelle Leatherface court à travers les arbres, tronçonneuse en main, dans une scène d’une intensité physique rare. Et puis enfin, comment ne pas mentionner cette scène finale, ce repas de déglingués, mélange de perversité et de sadisme, une des scènes clés du film où l’horreur au sens littéral explose ? Cette séquence de plus de 10 minutes a été un véritable traumatisme, surtout quand le film est sorti. La scène continue d’être discutée et analysée tant elle est impressionnante. Tournée sur une durée de vingt sept heures, elle montre un épuisement qui semble tout à fait réel. On sent une véritable folie portée à son paroxysme. « Au final, Massacre à la tronçonneuse, c’est aller au devant des ennuis. Un dicton affirme qu’il faut que jeunesse se passe. Ce qui veut dire que les jeunes sont amenés à commettre des imprudences qui vont leur permettre d’atteindre la maturité, en prenant un peu de plomb dans la cervelle. Ils seraient pourtant plus inspiré de commencer par écouter leur horoscope. Quel besoin avaient-ils d’aller sur les lieux d’une profanation de tombe ? Ne pouvaient-ils pas simplement rester chez eux à étudier leurs cours ? À la place, ils ont décidé de s’enfoncer dans une forêt en jetant la carte. On connait la chanson. Le pompiste lui-même avait recommandé à ces jeunes de ne pas s’aventurer dans la maison, comme on défend aux enfants d’aller voir ce qu’il se passe du côté de la chambre 237. C’est un peu comme s’ils avaient tendu le bâton pour se faire battre. Les vieux sont pourtant de bons conseils. Donc les jeunes recherchent les problèmes par essence car ils pensent que ces mésaventures vont leur permettre de définir leur personnalité, en plus de leur donner quelques bonnes anecdotes à raconter à leurs copains lors des prochaines vacances. Sauf que parfois, cela finit mal. À marcher au bord du précipice, parfois on tombe. Quand on joue avec le feu on se brûle. Voilà ce qui se passe quand on quitte Paris pour aller voir ce qui se passe dans le Vercors. Quand on cherche les problèmes on les trouve. Quand on sonne à la porte de psychopathes, ceux-ci se frottent les mains. Sally n’avait rien demandé, elle a juste suivi les autres comme un mouton. Que cela lui serve de leçon. Les fous sont nombreux, surtout dans les provinces les plus reculées, et les tronçonneuses grondent. »
Community Reviews
Public Opinion
806 reviews
7.2/10
7.4/10
Opinions on 'The Texas Chain Saw Massacre' are a mix of awe and critique. Many viewers are impressed by its groundbreaking impact on horror cinema, noting its intense atmosphere and innovative use of sound to amplify terror. Despite its age, the film's ability to disturb remains potent, with its raw, gritty visuals and minimal gore that suggests rather than shows violence. However, some find the film dated, criticizing its pacing and a perceived lack of coherent storyline, which might detract from the overall experience for new viewers.
👍 Revolutionary sound design heightens terror.
👎 Some find the storyline and pacing dated.
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Synopsis
Two siblings and three of their friends en route to visit their grandfather's grave in Texas end up falling victim to a family of cannibalistic psychopaths and must survive the terrors of Leatherface and his family.
Reviews and Comments
204 reviewsUne mise en scène brute qui tire un maximum d’efficacité de moyens clairement limités. Les scènes les plus marquantes sont devenues anthologiques, et l’atmosphère poisseuse, lourde et ultra réaliste te colle à la peau du début à la fin. On ressent le manque de budget, mais il est incroyablement bien géré, surtout quand on remet le film dans le contexte de sa sortie. La maison, véritable enfer sur terre, reste l’un des décors les plus cauchemardesques jamais filmés. Un classique qui continue de déranger et de s’imposer comme un des tout meilleurs dans sont domaine.
Chez papa Lilian
Objectivement: 6/10 Subjectivement: 7/10
1974





