U-571
2000
•
War / Action
•
1h56
Audrey plans to do
« La Marine n’est pas une démocratie » U-571 est exactement le genre de film que j’affectionne : une production haletante, tendue, qui capte l’attention du spectateur jusqu’à la dernière minute. Le réalisateur Jonathan Mostow réussit à créer une atmosphère claustrophobe, typique des films de sous-marins, où chaque plongée devient une épreuve aussi bien pour l’équipage que pour le spectateur, le danger pouvant venir autant de l’ennemi que de la machine elle-même. Cependant, il faut rappeler que le scénario prend de grandes libertés avec l’Histoire. En réalité, ce sont les marins de la Royal Navy qui ont capturé une machine Enigma, au prix de lourdes pertes humaines. Le film attribue cet exploit aux Américains, un choix assumé pour séduire le public américain, mais qui a été perçu comme un affront par de nombreux vétérans et responsables politiques britanniques. D’autant plus qu’aucune mention claire n’indique que les événements sont fictifs. Cette réécriture de l’Histoire reste donc un point sensible, et un défaut majeur si l’on cherche une œuvre fidèle aux faits. Si l’on parvient à mettre de côté cet aspect polémique, U-571 réussit à maintenir une tension constante. Le sous-marin, par nature confiné, devient un décor oppressant. Les plongées, les silences étouffants, les bruits métalliques résonnant dans la coque et les moments de grenadage font monter une angoisse palpable. Le film joue sur la claustrophobie, forçant le spectateur à partager l’étouffement et l’incertitude de l’équipage. L’idée de voir un équipage américain prendre le contrôle d’un U-Boot allemand est une trouvaille scénaristique qui dynamise le récit. Mostow prend aussi le temps de montrer le quotidien à bord : les préparatifs avant le départ, les manœuvres de plongée ainsi que la difficulté à fuir les grenadages. Le spectateur découvre les contraintes techniques, la peur des avaries, l’eau qui s’infiltre dans la coque, mais aussi les petits détails de la vie de bord, comme les repas ou la cohabitation forcée dans des espaces minuscules. Ces touches de réalisme renforcent la crédibilité et immergent le spectateur dans l’expérience des marins. Le film propose également le conflit classique entre un commandant et son second, un ressort dramatique assez attendu mais porté par des acteurs convaincants. Le second, frustré de ne pas avoir été promu, n’en reste pas moins un homme loyal, apprécié de son équipage, qui va découvrir au cours de cette mission à haut risque qu’est ce que signifie réellement être commandant. Le réalisateur lui donne une véritable dimension humaine, notamment à travers de petits détails touchants, comme la photo de son chien affichée dans sa cabine. La mise en scène de Mostow est efficace. déplacements de la caméra dans les couloirs exigus, la reconstitution minutieuse des décors et le travail sur la lumière plongent le spectateur dans une ambiance suffocante. La bande-son, alternant silences pesants et fracas assourdissants des grenades sous-marines, joue un rôle capital dans la construction du suspense. Les effets visuels, sans être tape-à-l’œil, contribuent eux aussi à créer une atmosphère anxiogène et immersive Au final, sans être extraordinaire, le film parvient à faire son job.
Community Reviews
Public Opinion
59 reviews
7.3/10
3.4/5
Press3.3/5
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Synopsis
A German submarine is boarded by disguised American submariners trying to capture their Enigma cipher machine.



